Après avoir créé Niger en solidaire en 2008 pour un congé solidaire, je me suis dit qu'il était temps d'élargir mon horizon. Alors bonne découverte de mon FT. Lucy
Non il ne s’agit pas d’un feuilleton ayant pour sujet une guerre américaine. D’ailleurs, les niaméens préfèrent de loin les soap espagnols ou brésiliens, les niaméennes en sont réellement très friandes.
Pour cette mission de solidarité internationale, nous étions plusieurs à quitter la métropole sur le même vol.
Anne, logée comme moi à l’Epad, forme à la bureautique 2 groupes à l’hôpital de la ville. Ses cours sont doubles puisqu’elle réitère sa formation l’après-midi au second groupe tandis que le premier a déjà quitté les lieux. Ces médecins et infirmiers prennent chaque jour sur leur temps libre pour optimiser leur utilisation des ordinateurs.
Rémi et Sylvain passent leurs journées (et leurs nuits) à l’EMIG, l’Ecole des Mines de l’Industrie et de la Géologie, et dispensent un enseignement de haut vol sur la modélisation des réseaux d’eau potable. Ce sont eux qui m’ont indiqué que la moyenne nationale de consommation d’eau était de 25 litres / habitant / jour, et que des coupures d’eau à heures fixes permettaient une diminution notable des pics de consommation. Moi je ne suis pas scientifique, mais je confirme pour les coupures d’eau et vous annonce que 4 verres d’eau suffisent à se laver les cheveux (1 pour mouiller, 3 pour rincer ; je sais, l’axe d’amélioration se situe clairement dans la phase rinçage).
Chaque jour, hormis rentrée solennelle des universités où le président de l’Assemblée Nationale a fait un superbe discours, suivi de celui du Ministre de l’Education, suivi de celui du Ministre de …, hormis les malencontreuses ou inopinées circonstances susceptibles de nous retarder, nous sommes toutes et tous ici, sur le temps de nos congés, à apporter nos compétences et nos savoirs dans l’idée de rapprocher les pays du Nord des contrées du Sud.
Moussa Sirikou, le coordinateur général de l’association, est personnellement intervenu dans chacune de nos classes pour rappeler le rôle de l’Epad dans ce contexte mais aussi son combat contre la traite des enfants, leur maltraitance, les actions de formation et d’information à destination des femmes, des mères, des parents, des organismes d’Etat. Ses facultés d’orateur ainsi que le sens donné à son discours a fortement frappé les esprits (j’ai des photos mais il faut 12 mins chaque).
Avant mon départ, j’ai beaucoup entendu « C’est bien ce que tu fais ». « Mais je n’y suis pas encore », réponse récurrente. Sur place, le sentiment est équivalent : l’impression de ne pas me donner assez. J’espère que mes trucs ou astuces permettront de ne pas être seul(e) face ces ordis qui nous veulent du bien.