Après avoir créé Niger en solidaire en 2008 pour un congé solidaire, je me suis dit qu'il était temps d'élargir mon horizon. Alors bonne découverte de mon FT. Lucy
19.12.08, http://niger-en-solidaire.over-blog.com
Lorsque je me représentais l'Afrique, de nombreuses images d'Epinal se bousculaient dans ma tête de piaf : déserts de sable, vertes étendues, eaux claires en cascades, pistes promesses d'aventures.
En revanche, je n'aurai jamais pensé à associer "capitale" avec "piste". La preuve en image : la photo a été prise à l'entrée de Niamey, en venant de la zone de fret de l'aéroport.
On peut facilement aligner 10 taxis sans que la route soit encombrée !
Le coeur de Niamey se trouve sur la rive gauche. Les rues y sont plus traditionnelles, c'est-à-dire goudronnées.
On retrouve cette poussière ocre, ce sable, cette terre rouge omni-présente dans la ville.
Ici, on est pas loin des bouquinistes qui longent la Seine puisque c'est le quartier des bouquins ...
De l'autre côté du fleuve, seuls les grands axes ont bénéficié de l'invention du sieur ingénieur Mc Adam. Du coup, les rues adjacentes hésitent entre cassis, dos d'âne et nids de poule, quand il ne s'agit pas de nids d'autruches géantes !
Une balade dans le labyrinthe de la rive droite est la garantie de massages surprises de nos osselets et de séances de trampoline. Au moins, on sait que les ressorts entrent dans la fabrication des sièges de voiture et en plus on connaît désormais leurs emplacement.
Ce qui est plus surprenant (désolée : pas de photo pour la suite) est le nombre de personnes, rive gauche comme rive droite, que l'on peut rencontrer en fauteuil roulant. Cependant, l'expression est inappropriée. Pour approcher de la réalité, il faudra imaginer une espèce hybride, mi-fauteuil mi-vélo, mue par la seule force des membres supérieurs et où le pédalier actionné grâce aux mains est relié à la roue avant. Faits de bric et de broc, et sur commande, ces vélos-fauteuils-roulants entraînent pourtant leurs propriétaires le long de toutes (ou presque) les routes nyaméennes.
Cela m'avait marqué sur place. On en avait parlé. Sans toutefois aller plus loin dans la discussion. Maintenant que je me traîne en béquilles, dans un univers plus carrelé et parqueté que les trottoirs ensablés du Niger (mes seuls tourments consistent à escalader les marches d'un étage l'autre, d'ailleurs si je tenais le zozo qui a scié les mains courantes ...), hé bien je me rends compte de la force et de la volonté nécessaires aux personnes handicapées à Niamey, et ailleurs.